CD Haydn (S D'Oustrac, A Zylberajch)

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Nouvel enregistrement d'oeuvres vocales ( Arianna a Naxos, Lieder & Canzonettas) de F. J. Haydn par Stéphanie d'Oustrac (mezzo-soprano) et Aline Zylberajch (pianoforte) chez Ambronay (AMY023).

Ce disque a reçu ffff de Télérama et 5 de Diapason

Quelques extraits de presse :

5 diapasons - 4 ffff deTelerama Gramophone editor's choice

« Le monde de la musique est en ce moment enchanté par une composition que Haydn a produite, et qui a eu des effets qui touchent tout ce que les Poètes chantaient de la lyre ancienne. On ne parle de rien, on ne cherche rien si ce n’est (… )sa Scena (… )Elle abonde d’un telle diversité de modulations dramatiques et est si délicieusement captivante dans ses passages larmoyants, qu’elle a touché et fait fondre l’assitance en larmes. On en parle avec un souvenir extasié, et la Cantate de Haydn sera en conséquence le "desideratum" musical pour l’hiver « Morning Chronicle, 1791

 


- le Monde, CD 4/5 avril

Haydn : Arianna a Naxos, Lieder et Canzonettas

Voici un programme savamment composé, qui va d'une légèreté presque coquine jusqu'à l'expression des tréfonds d'une âme en peine. La fameuse cantate Arianna a Naxos en est le plat principal, mais les lieder et mélodies en allemand ou en anglais qui l'entourent sont bien mieux que des accompagnements et mises en bouche. Répertoire subtil, d'une portée souvent plus grande que ses équivalents chez Mozart, jeu raffiné mais pas maniéré d'Aline Zylberajch et splendeur vocale de Stéphanie d'Oustrac au timbre pluriel, changeant et beau comme la robe d'un grand cru. (Renaud Machart)



- Diapason, mai 2010  5 diapasons

"la voix ne perd jamais de sa moirure ni de sa sensualité, supérieurement portée par l'accompagnement d'Aline Zylberajch,-pianoforte évocateur, chantant, souple, plein d'esprit."


Gramophone "Editor's choice", juillet 2010
"Aline Zylberajch contributes crucially to the recital's success with her rhythmic acuity, evenness of touch and lively sense of character. She colludes wittily with the extreme contrasts in timbre between the fortepiano's silvery treble and hollow, percussive bass are particularly effective in the storm swept opening of "Fidelity"

 

- Telerama n° 3146 - 01 mai 2010 - Stéphanie d'Oustrac (mezzo), Aline Zylberajch (pianoforte)
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Quelque domaine qu'il aborde, Joseph Haydn s'y montre toujours imprévisible et inépuisable d'innovations, de singula­rités, de surprises. On le sait pour la symphonie, le quatuor à cordes ou la sonate pour piano­forte, on le vérifie pour la mélodie accompagnée, avec ce récital si judicieusement agencé. « L'amour et la vie d'une femme », tel serait le sous-titre schumannien de ce florilège d'arias et de lieder composés par Haydn à la fin de sa carrière et déployant tout l'éventail de sentiments d'une jeune amoureuse, de l'éveil de la passion au désespoir de l'abandon. La référence à Schumann n'est pas fortuite : la canzonetta She never told her love, sur des vers de Shakespeare, avec ses silences lourds de souffrance, ses accords énigmatiques, ses phrases retombant comme vaincues par un accablement secret, préfigure de façon troublante le style téné­breux du compositeur romantique.

Stéphanie d'Oustrac et sa partenaire piano­fortiste prennent un plaisir communicatif à ce jeu de rôles....

Gilles Macassar


- La muse baroque "Das Leben ist ein Traum"

 

muse_baroque_bm_orHaydn fut sans doute un grand passionné de théâtre. Outre ses opéras, quelque peu oubliés aujourd’hui, on ne peu manquer d’observer son sens de la dramaturgie dans Die Jahreszeiten et Die Schöpfung, et même dans les symphonies. Se souvient-on que la symphonie n° 60 “Il Distratto” a été composée à partir numéros de musique de scène pour Le Distrait de Regnard ? Ces Lieder, ces canzonettas, et bien sûr cette longue scène d’Arianne — qu’on pourrait comparer à la Scena di Berenice — le prouvent une fois de plus.

Trois langues : l’anglais, l’allemand, l’italien ; la maternelle, l’adoptive, l’opératique. Stéphanie d’Oustrac en mâche les mots avec bonheur ; l’articulation est presque toujours irréprochable, et l’on sent que le texte est dit et joué autant que chanté. Le piano, lui aussi, semble chanter ; quand il n’accompagne pas, il répond ou amplifie.

Du rire au larme, au rêve éveillé aussi, la palette d’expressions employée est large. Le rire, oui, "le rire de la cantatrice" (ai-je entendu une fois après un concert) dans Eine sehr gewöhnliche Geschichte (piste 2).

Pleure-t-elle, Arianne ? "Dove sei, moi bel tesoro ?", dit-elle cela en larmes ? Selon Haydn, elle est encore un peu endormie, encore attendrie pas les songes, et elle rêve. Bientôt, "Ah, siete ingiusti, o Dei, se l’empio non punite ! Ingrago ! Ingrato !", les imprécations ;  "de chi pietà sperar ?", l’égarement ; l’essoufflement, la chute : "già più non reggo, il piè vacilla, e […] sento mancarmi in sel l’alma." La chute ? Non, car le petit air final ("Ah, che morir vorrei") est tout plein de retenue et de noblesse : Arianne, souvenez-vous, est la fille d’un roi ; et en ce moment sublime, les imprécations mêmes sont d’altesse.

C’est en de tels moments que la complicité des deux artistes se fait le mieux sentir : les mêmes émotions les habitent, mais en les exprimant toutes deux, elles les transmettent d’autant mieux à l’auditeur.

Les larmes sont douces : Pleasing Pain (piste 1), disent Anne Hunter (poétesse des textes anglais) et Haydn. Beim Schmerz der dieses Herz durchwühlet (piste 10) est tout en douceur ; point ici d’expressionnisme : le classicisme règne, "ordre et beauté", loin des affres du baroque et de la sensibilité extravertie du romantisme — même si certaines pages, comme The Spirit’s Song, l’annoncent.

À travers ces miniatures, Stéphanie d’Oustrac et Aline Zylberajch nous entraînent dans un dédale d’expressions raffinées. La voix est belle, pleine, ronde, s’autorisant néanmoins un soupçon d’air par moments, une note de poitrine par d’autres. Le pianoforte est touché souvent avec délicatesse, parfois avec force, jamais avec fureur — ce qui n’empêche pas l’énergie (écoutez Fidelity, piste 8 !) ; plusieurs fois, des sons un peu étouffés, étonnants, s’enchaînant avec d’autres plus clairs (ou leur succèdent) délectent (par exemple dans She never told her love, piste 7, ce petit bijou).

Un parcours tout en finesse et en subtilités.

Loïc Chahine

L'Education Musicale (Avril 2010)

Franz-Joseph HAYDN (1732-1809) : Arianna à Naxos, Lieder & canzonettas.  Stéphanie d’Oustrac (mezzo-soprano), Aline Zylberajch (piano-forte).  Ambronay : AMY023. Distr.  Harmonia Mundi. TT : 60’00.

Un disque qui retiendra notre intérêt à plusieurs égards. Tout d’abord, parce qu’il démontre assez clairement l’évolution du Lied vers ce qui sera son aboutissement : le Lied romantique. En empruntant des compositions à plusieurs recueils, différents dans le temps et dans la langue (allemand ou anglais), on peut juger de l’évolution des rapports entre piano et voix, rapports se faisant, à la fois, vers la complexité, l’indépendance et la complémentarité.  Ensuite du fait d’une interprétation tout à fait remarquable, tant dans la partie instrumentale où le piano-forte se fait tour à tour discret ou quasiment orchestral, comme dans la cantate profane Arianna à Naxos,  que dans la splendide partie vocale.  Stéphanie d’Oustrac [notre photo] y démontre une superbe voix de mezzo, chaude et ronde, sans vibrato, d’une ample tessiture, des aigus doux, jamais agressifs, aux graves profonds. Les Lieder et canzonettas y sont, à la fois, chantés et joués, en parfaite adéquation avec le texte.


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L’histoire des lieder ne commence pas avec Schubert, on le sait, mais on a souvent tendance à l’oublier. Franz-Joseph Haydn en fut l’un des précurseurs et la mezzo-soprano Stéphanie d’Oustrac nous le montre avec une maestria étonnante en nous offrant une palette très variée de lieder, alternativement en anglais, en allemand et en italien. Haydn, en effet, était aussi habile pour habiller les trois langues avec une science égale. Accompagnée au pianoforte par Aline Zylberajch de façon complice en pleine connivence, Stéphanie d’Oustrac déroule l’éventail des sentiments humains, amour, passion, tendresse, coquinerie, alanguissement, surprise, colère, etc avec beaucoup de talent. Le passage d’une langue à l’autre donne une variété de tons qui sied à merveille à un récital d’une heure de lyrique, qui, parfois, rebute l’auditeur débutant. Le livret est trilingue et d’une qualité supérieure, comme toujours dans ce label haut de gamme.Avril 2010 - texte d'Yvette Canal